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Le professeur Fadhel Moussa et artisan de la constitution s’interroge :

Est-ce que c’est la constitution qui est mauvaise ou c’est la classe politique qui manque d’expérience démocratique

jeudi 24 juin 2021

J’ai appris dès l’enfance, grâce à mon penchant vers le travail manuel, qu’un bon outil de travail ne garantit pas la qualité du produit obtenu par cet outil. Il y a aussi la maîtrise de l’outil sous la main, la curiosité et l’imagination qui contribuent fortement à la créativité..et à la qualité du produit final.

L’ex- membre de l’Assemblée Constituante et actuel Président de la Municipalité d’Ariana, Fadhel Moussa, Professeur lui aussi du droit constitutionnel, nous rappelle cette idée très simple : au lieu de dénoncer les imperfections de la constitution actuelle, posons nous la question : " les politiques ont-ils bien maîtrisé cet outil de la démocratie qu’est cette constitution ?
Ces abus de pouvoir, ces confusions de rôles, de responsabilités et de privilèges que nous voyons tous les jours, sont ils tous les résultats des lacunes de la Constitution ?
Sûrement pas ! Les abus ont commencé dès 2015, juste avant et aux lendemains des premières élections législatives et présidentielles. Certains ont voulu absolument fermer les yeux en se disant que c’est le manque d’expérience, que le wifak de 2013 après le sit-in du Bardo doit continuer.

On a juste oublié que la mauvaise foi existe tout comme la bonne foi. D’autres sont restés confinés dans leurs propres dogmes, en scandant 24h sur 24 des mots d’ordre qui mettent tous leurs adversaires dans un même clan. Aucune analyse fine de la scène politique, aucune volonté de construire réellement la démocratie telle qu’elle est prévue par la nouvelle Constitution.

Pire encore, des attaques terroristes se sont montrés plus virulentes, à l’avenue Bourguiba, au musée du Bardo, à l’avenue Mohamed V, à Ben Guerdane et ailleurs, prouvant indirectement que le wifak n’était pas sérieux et qu’un marché de dupes s’est bien installé.

Alors dites-vous que la Constitution est mauvaise ?
Kais Saïed, malgré son insistance sur l’arrêt complet de cette mascarade parlementaire qui s’est prolongée jusqu’en 2019, et sa contribution au blocage de la situation actuelle , a bien aidé à CLARIFIER la situation et les enjeux de la discorde parlementaire.

Mais notre pays doit-il sombrer dans un gouffre pour qu’en fin de compte, nous réaliserons que tout ce cumul de crises n’est pas l’œuvre de la Constitution ? Que tout outil est certes perfectible mais que la qualité du produit au final est celle des utilisateurs de cet outil : la classe politique au pouvoir ?

Il y a donc lieu de pratiquer autrement le pouvoir, de s’intéresser réellement aux problèmes des citoyens...

Le Mahdi Montadhar n’existe pas et n’existera pas. Ce qui peut exister, c’est la sincérité, c’est la modestie, c’est l’imagination et la créativité. Et les premiers qui ont l’obligation d’avoir ces qualités, ce sont bien nos élus et nos responsables politiques.
De
Une cure politique est possible. Elle ne peut être que collective et autour une table ronde.

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2021-05-03
Taoufik Karkar