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Nida Tounes et l’heritage du PSD-RCD

dimanche 13 juin 2021

Il fallait, surtout à un moment où une relative accalmie révolutionnaire s’est installée dans le pays, que les ex-responsables de RCD fassent une vraie autocritique, publique et allant au fond des choses. Il ne s’agit pas de faire le procès de quiconque (c’est l’affaire de la justice), mais il s’agit de faire le procès des idées, des fondements intellectuels qui animaient ce parti. Par exemple, répondre aux questions :

- Pourquoi le parti n’a pas pu devenir démocratique ni aux débuts des années 1970 (après la crise de 69), ni durant les années 80 (après la crise de 1978), ni les années 90 (après la crise de 1987) ?

- Comment fonctionnait la machine des décisions politiques au sein du parti ? Quelles étaient les idées fondamentales suivant lesquelles sont fixés les choix politiques, économiques, culturels, etc...?

- Comment se développaient la mafia, la corruption, le clientélisme ?

C’est cela qui intéresse le pays tout entier ! Le PSD, puis le RCD, répétait tout le temps qu’il n’est pas un parti idéologique ! Mais en fait, ce qu’il considère comme pragmatisme non idéologique est en réalité une idéologie en elle même, une idéologie de l’opportunisme , du clientélisme et du régionalisme.

La science politique n’est pas une théorie de jeux, jeux d’influence, jeux de hazard ou de maktoub. La science politique est un mélange de plusieurs sciences ; en premier lieu la science de société : la sociologie, ensuite la science économique, la science juridique et enfin la science des jeux. cette dernière aide à la prise de décision, après des analyses approfondies sociologique, économique et juridique.

Une idéologie est une vision de ces connaissances relatives à la chose commune, à la chose publique. On est bien loin de la conception technocratique de la gouvernance, conception trop réductrice, trop fragmentée de la société. Or, aussi bien nos ex-responsables politiques de l’ancien régime, à part quelques uns, que les organismes internationaux tels que le FMI, la BM, etc.., tous glorifient l’approche technocratique de la gouvernance.

Aujourd’hui, Nida Tounes reste prisonnier de cette conception erronée de la politique : La Tunisie, les tunisiens, qu’ils soient des citoyens lambda ou des personnalités influentes, ne sont pas des cartes de pocker ou de Chkobba.

Que les dirigeants du Nida Tounes, y compris les hommes d’affaire, fassent l’ auto-critique de l’idéologie destourienne et qu’ils comprennent que cette vieille idéologie est bonne pour les dictatures, pas pour les démocraties.

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2014-06-13
Taoufik Karkar