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Les différentes formes de la démocratie et le monde de l’internet

mercredi 18 août 2021

C’est un faux débat sur l’utilité ou la nocivité des partis politiques dans un pays qui opte pour la démocratie.

Un parti politique est au mieux une organisation qui cristalise un courant de pensée sur la chose commune du pays et au pire une organisation qui représente un regroupement d’intérêts économiques individuels.
Sans faire de longs développements, une démocratie représentative élémentaire est une démocratie où il y a un parlement dont les membres sont des représentants des partis politiques. C’est le cas de la majorité des démocraties existantes actuellement.

La réalité vécue par ces démocraties a montré depuis des décennies de nombreuses insuffisances de ce schéma organisationnel de la démocratie, aux différents niveaux : législation des partis et associations, type d’élections, contrôle des élections et des campagnes électorales, usage des médias de masse pour ne citer que quelques niveaux.
La recherche de la performance démocratique passe sûrement par l’amélioration des textes de lois fixant les règles de création et de fonctionnement de ces instruments élémentaires de la démocratie.

Mais, ce qui est souvent ignoré dans les analyses d’efficacité et de performance démocratiques, ce sont les relations entre ces différents instruments et le monde du numérique. Ce n’est qu’à notre siècle actuel que les problèmes sont perçus pour leur impact négatif sur les démocraties les plus établies et les plus anciennes. Le problème est devenu aujourd’hui planétaire.

Or il est peut-être plus indiqué de considérer que le monde numérique est capable de renforcer les démocraties existantes par de nouveaux instruments. C’est justement le débat théorique actuel sur de nouvelles formes de démocratie. Sous cet angle, il ne s’agit pas de balayer la démocratie représentative mais de l’approfondir et de l’enrichir de nouveaux instruments. Il est naïf de dire que ceci va balayer les partis politiques.
Les regroupements d’intérêts économiques ou d’idées politiques existeront toujours, peu importe comment on pourrait les appeller : parti politique, association, fondation, réseau..
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Le vrai problème, c’est l’inertie organisationnelle des entités existantes face à la rapidité, à l’intensité des échanges dans les flux d’idées, d’informations à toutes les échelles, locales, régionales, nationales, internationales.
Ceci fait peur à tous ceux qui n’agissent que dans l’obscurité, dans des cercles clos.

À titre d’exemple, que ce passe-t-il si on ajoute à la démocratie représentative actuelle, un instrument de révocation d’un député pour non conformité de ses actes aux promesses proclamées lors de sa campagne électorale ? Oui ceci est possible sans gêner la vie économique et politique d’un pays démocratique, à la condition expresse d’inclure des instruments du monde virtuel dans le schéma démocratique.

Je pense que Kais Saied a fait allusion dans ses discours à tout ce débat actuel sur les différents schémas de la démocratie du 21 siècle, notamment la démocratie directe, la démocratie participative,..
Ce sont des schémas nettement plus complexes à mettre au point et à réaliser dans un pays qui vient juste de faire quelques pas dans le monde de la démocratie.

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2021-08-17
Taoufik Karkar